
Aujourd’hui le Burkina Faso connaît une crise sociale sans précédent marquée par un climat de peur et de méfiance généralisé. Des communautés qui jadis vivaient en bons termes se regardent en chien de faïence. Cette situation est malheureusement exacerbée par le phénomène du terrorisme.
Un tel constat ne nous laisse pas indifférente. Mieux, elle commande de trouver des solutions idoines pour un mieux vivre ensemble entre fils et filles d’un même pays.
Dans cette lancée, le numérique peut être d’un grand soutien.
Nous allons envisager des solutions conjoncturelles d’une part, et des solutions structurelles d’autre part.
Les solutions conjoncturelles
Au regard de l’urgence marquée par l’effritement progressif des valeurs sociales qui faisaient du Burkina un pays où les gens vivent ensemble en harmonie, des solutions conjoncturelles s’imposent.
En premier lieu nous avons la sensibilisation. En effet face à cette situation, il convient de sensibiliser toutes les composantes de la société sur la notion du vivre ensemble et sur son importance capitale. Pour que cette sensibilisation puisse toucher le plus grand nombre, le numérique est incontournable. A titre d’exemple plus de la moitié des Burkinabés sont sur les réseaux sociaux comme Facebook, Wattsap, etc.
Imaginez quelle portée peut avoir une sensibilisation à travers les réseaux sociaux.
En deuxième lieu il faut travailler à réduire les inégalités sociales qui sont à la base des fractures sociales. Pour ce faire, une aide aussi bien matérielle que financière devrait être accordée aux populations les plus vulnérables afin de faire face à la pauvreté, à la misère, à la faim. Car dit-on : 《 Les uns mangent, les autres regardent : ainsi naissent les révolutions》. Le numérique pourrait jouer un rôle prépondérant dans ce sens en étant la tribune d’interpellation du pouvoir et de toutes les personnes de bonne volonté sur la situation des personnes défavorisées
Il est vrai qu’au regard de la situation, les solutions conjoncturelles semblent nécessaires. Cependant, elles s’avèrent insuffisantes, voire inopérantes dans le long terme. Il faut alors envisager des solutions structurelles.
Les solutions structurelles
« Il faut couper l’arbre à la racine », aime-t-on dire. Les solutions structurelles naissent de l’analyse des causes profondes du phénomène et ont la réputation de résoudre le problème une bonne fois pour toutes.
Dans un premier temps, nous proposons de mettre l’accent sur l’éducation. En effet, disait Danton, « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple ». L’éducation dont il s’agit ici est une éducation axée sur les valeurs culturelles de tolérance et d’acceptation de l’autre. Malheureusement de nos jours les parents sont entrain de démissionner de leur rôle d’éducateurs. Quant à l’école, elle peine à jouer correctement ce rôle. Finalement c’est la rue, la télé, l’internet, les réseaux sociaux qui tiennent les enfants et les jeunes à leur merci. Pourquoi ne pas profiter de cette situation pour utiliser ces technologies d’information et de communication à des fins éducationnelles?Des actions sont déjà entreprises en ce sens, mais on peut toujours mieux faire.
Dans un deuxième temps, il faut mettre en place des politiques structurelles pour éradiquer ou au pire des cas atténuer la pauvreté des populations. Il ne s’agit plus ici de dons de vivres ou de moyens financiers qui visiblement ne peuvent rien résoudre, mais de développer des projets et programmes qui à long ou moyen terme vont autonomiser les populations et les mettre à l’abri de la pauvreté. Car si l’on en croit le dicton « Ventre vide n’a point d’oreille », la pauvreté est pour beaucoup dans la dégradation des relations sociales. L’élaboration, la divulgation et l’opérationnalisation de tels projets et programmes ne sauraient faire l’économie du numérique.
En définitive le mieux vivre ensemble est une situation dont rêvent beaucoup de Burkinabès, surtout au regard de la crise sécuritaire qui prévaut avec son corollaire de problèmes socioculturelles. Si des solutions aussi bien conjoncturelles que structurelles peuvent être envisagées, il est à noter qu’elles ne seront efficaces qu’avec l’aide du numérique.

